domenica 25 gennaio 2026

L’Italie reconnaît la protection complémentaire : lorsque l’intégration devient un bouclier juridique

 L’Italie reconnaît la protection complémentaire : lorsque l’intégration devient un bouclier juridique

Dans une décision administrative significative, l’Italie a une nouvelle fois confirmé que l’intégration effective dans la société peut jouer un rôle déterminant dans la protection des ressortissants étrangers contre l’éloignement. Le 18 décembre 2025, la Commission territoriale pour la reconnaissance de la protection internationale de Gênes a accordé la protection complémentaire à un ressortissant étranger, estimant qu’un retour forcé dans le pays d’origine entraînerait une violation disproportionnée des droits fondamentaux.

La décision intégrale a été publiée et est accessible au public au lien suivant :
https://www.calameo.com/books/00807977586f4b5d40bb2

La protection complémentaire est une forme spécifique de protection prévue par le droit italien, régie par l’article 19 du décret législatif n° 286/1998 (loi sur l’immigration). Elle s’applique lorsque les conditions du statut de réfugié ou de la protection subsidiaire ne sont pas réunies, mais que l’expulsion ou l’éloignement serait contraire aux obligations de protection des droits fondamentaux, notamment au droit au respect de la vie privée et familiale.

Dans cette affaire, la Commission de Gênes a rejeté la reconnaissance du statut de réfugié et de la protection subsidiaire, tout en procédant à une évaluation autonome et individualisée de la situation personnelle du demandeur. L’élément décisif a été le niveau d’intégration réelle en Italie, en particulier sur les plans social et professionnel. La Commission a reconnu que l’intéressé avait construit des liens personnels et professionnels stables et que son éloignement entraînerait un préjudice grave et irréversible.

L’intérêt majeur de cette décision réside dans son raisonnement juridique. L’intégration n’a pas été considérée comme une récompense ou un facteur accessoire, mais comme un élément juridiquement pertinent de la vie privée, protégée par les normes européennes en matière de droits de l’homme. La Commission a conclu qu’un retour forcé constituerait une ingérence disproportionnée dans ces droits.

Cette approche s’inscrit dans une tendance plus large de la pratique administrative italienne, qui considère de plus en plus la protection complémentaire comme une garantie substantielle, et non comme une mesure résiduelle. Elle confirme que la politique de contrôle de l’immigration doit être constamment mise en balance avec l’obligation de respecter la dignité humaine et les droits fondamentaux.

Pour les étrangers résidant en Italie, cette décision délivre un message clair : la construction de liens réels et documentés avec le territoire peut produire des effets juridiques concrets. Le travail, les relations sociales et la stabilité à long terme ne sont pas de simples éléments factuels, mais peuvent devenir déterminants pour empêcher une mesure d’éloignement.

Pour les avocats et les praticiens, la décision de Gênes constitue un exemple important du fonctionnement concret de la protection complémentaire. Elle démontre que, même en cas de refus de la protection internationale, le droit italien prévoit des mécanismes visant à éviter tout éloignement en violation des droits fondamentaux.

Alors que les débats sur la migration se poursuivent en Europe, cette affaire rappelle un principe essentiel : l’intégration compte, non seulement sur le plan social, mais aussi sur le plan juridique.

Avv. Fabio Loscerbo

Nessun commento:

Posta un commento

Benvenuti su "Osservatorio Giuridico dell'Immigrazione"

Benvenuti su "Osservatorio Giuridico dell'Immigrazione" , un blog dedicato all'analisi approfondita delle normative, della...